Chroniques féministes

11.02.2015

Minimalisme, l'art de vie

par Sudarshan Bhat

J'ai passé beaucoup (trop) de temps à lire des blogs féministes. Et puis j'ai découvert les blogs minimalistes. Leur contenu est addictif: des types qui se débarrassent sans pitié de tout ce qui ne sert pas leurs objectifs et qui écrivent de longs articles glorifiant leurs actions et encourageant les autres à les imiter. Et puis, côté femme, des bloggeuses qui mêlent sujets domestiques et féminisme: beauté, alimentation, lifestyle: le minimalisme y trouve sa place à la perfection. 

Ce qui attire les mecs qui écrivent: la possibilité de se débarrasser de tout ce qui ne les intéresse pas, de se concentrer sur ce qu'ils veulent faire, et puis le challenge et la possibilité de se muer en chef de tribu et d'en faire un business. Ce qui intéresse les femmes: améliorer leur bien-être, leur gentillesse, leurs relations, de diminuer leur impact sur la planète et de se monter une tribu de femmes à convertir. 

C'est l'équivalent moderne des héroïnes de Sex & The City ou de Gossip Girl, c'est la version féministe des bloggeuses mode et lifestyle, étalant leurs vies esthétiques et glamours. Et j'avoue que cela me plaît: tout ça semble si parfait, si simple. Mon boulot se passerait à la perfection, le sexe serait aussi extatique que ce que promettent le féminisme sex-positive, j'aurais une passion claire à suivre et une relation simple avec ma famille. Et pour faire ça, il me suffirait de m’acheter de beaux habits coûteux, de passer des heures sur ma décoration d’intérieure et de retravailler mes pensées intérieures pour être inclusive comme il faut et une femme libérée.

Et pourtant, je me suis débarrassée de vieux vêtements, de grosses piles de papier et de vieux tupperwares. Ca a simplifié ma vie, c’est vrai. Ça m’a autorisé à jeter d’une partie des objets que je gardais au cas-où. Mais ça ne suffit pas, soigner son intérieur est un détail dans la vie. Les minimalistes parlent de la montagne de foutoir que les décédés laissent à leurs proches : mais est-ce qu’une collection soignée de mobiliers aux lignes épurées vaut mieux que cela ? Est-ce que des pots hors-de-prix, des objets faits-mains valent mieux qu’un tas de chenis ? J’ai envie de dire que si on doit payer les sacs poubelles, oui, mais sinon je ne pense pas tellement.